Quelques grandes contre-vérités et idées reçues

Samba | Compay Segundo | Cuba | Ricky Martin | Latino | Drague | Vieux
Yuri Buenaventura | Cubains | Blacks

 

Non, on n'a pas dit "Samba". On a dit "Salsa". Rien à voir. La Samba, c'est brésilien, ça se danse seul, avec des plumes ou sans. La Salsa, ça vient de la caraïbe hispanophone (pour simplifier), ça se danse en couple, sans quoi que ce soit dans le c…, et musicalement ça n'a rien, mais alors RIEN à voir avec la Samba.

 

Faux. La musique de Compay Segundo et de ses acolytes, c'est certes très joli, mais c'est du Son cubain. Le Son est pour ainsi dire l'ancêtre de la Salsa. De façon générale, Buena Vista Social Club jouent de la musique traditionnelle cubaine, alors que la Salsa, c'est de la musique moderne, et pas forcément cubaine (voir question suivante).

 

C'est vrai, mais uniquement dans le même sens que "le français, ça vient du latin". La Salsa est issue de formes musicales afro-cubaines, dont le Son et le Guaguancó. Beaucoup de morceaux de musique cubaine ont également été repris en Salsa. Mais attention: cela ne veut pas dire que la Salsa soit née à Cuba, ni que les principaux artistes Salsa soient cubains. La Salsa est en réalité née dans les quartiers hispaniques de New York (le Spanish Harlem), à la fin des années soixante, et les artistes fondateurs de ce style musical sont d'origines diverses. Voici quelques exemples:

  • Johnny Pacheco: dominicain
  • Ismael Rivera: portoricain
  • Eddie Palmieri: portoricain
  • Cheo Feliciano: portoricain
  • Celia Cruz: cubaine
  • Bobby Valentín: portoricain
  • Oscar d'León: vénézuélien
  • Wille Rosario: portoricain
  • Larry Harlow: américain
  • Willie Colón: portoricain
  • Rubén Blades: panaméen
  • Ismael Miranda: portoricain
  • El Gran Combo: groupe portoricain
  • La Sonora Ponceña: groupe portoricain

Alors, pourquoi tout le monde dit-il que la Salsa vient de Cuba ?

Une des raisons de cette idée reçue est que la Salsa a été popularisée en France par des cubains, et les groupes qui s'y produisent le plus sont Cubains: Los Van Van, Manolito y su Trabuco, etc… Or, le terme même de "Salsa" a longtemps été rejeté par ces mêmes groupes qui font ce que l'on appelle aujourd'hui la nouvelle Salsa cubaine, ou "Timba". Le mot "Salsa" n'a été repris par ces derniers qu'à la fin des années 80… Juan Formell, fondateur et directeur de Los Van Van, est le premier à dire que leur musique n'est PAS de la Salsa.

Un argument plus sérieux est le fait que les artistes du label Fania, maison de disques mythique et fondatrice de la Salsa, à leurs débuts, ont beaucoup puisé dans le repertoire cubain. D'ou la fausse idée que la Salsa ne serait que de la musique cubaine engringada, principal argument de son rejet à grands renforts de propagande par la révolution cubaine.

La réalité est plus complexe. La Salsa est très largement le produit de la communauté hispanophone émigrée aux Etats-Unis, qui compte des origines très diverses; de plus, sa popularité, qui s'est étandue à toute l'Amérique Latine, a vite fait des émules dans ces pays, et chacun y a apporté son grain de sel.

Donc, oui, la Salsa est une musique d'ascendance afro-cubaine, mais elle "vient" de l'ensemble de la caraïbe hispanophone, et s'est d'abord développée aux Etats-Unis, avant de gagner le monde entier. Et sans équivoque, réduire la Salsa à la Timba, c'est prendre la partie pour le tout.

Ah que non ! Havana Delirio, Ricky Martin, c'est de la Latin House, ou de la Latin Pop, autrement dit de la pop avec une légère touche latino. Rien à voir avec la Salsa.

Beaucoup de gens vous diront que la Salsa, ça englobe le Merengue, La Bachata, La Cumbia, le Son, la Latin House, bref, tout ce qui est "latino".

Il convient là de distinguer deux choses: la réalité, et l'usage.

Il est vrai que l'usage du terme Salsa, en occident, a par la force des choses fini par en faire une étiquette pour l'ensemble de ce qui est "latino".

La réalité, elle, est plus complexe.

Tout d'abord, il est vrai que la "Salsa", à la base, n'est pas un genre musical. L'étiquette musicale "Salsa" a été dans les années 70, un outil de marketing pour vendre des disques qui incluaient bon nombre de styles, dont cha-cha, boléro, son montuno, etc...

Cela dit, ma thèse est que les choses ont évolué, et que si la Salsa n'était pas une musique, elle en est devenue une aujourd'hui. En effet, les morceaux à base de son, son montuno ou guaguancó, avec des arrangements qui ont évolué au fil du temps, ont fini par constituer l'ensemble des morceaux présents sur les disques des artistes se réclamant de cette tendence musicale. Aujourd'hui, lorsque l'on achète un CD de Salsa, on ne s'attend pas à trouver de Merengue, ou de Bachata dessus. Le danseur lui aussi, lorsqu'il demande une Salsa au DJ, ne s'attend pas à ce que ce dernier lui mette un Cha-cha.

Il faut donc distinguer deux niveaux: le non-initié, qui appellera Salsa tout ce qui sonne latino à son oreille, et l'usage lui donne raison, et l'initié ou le danseur, pour qui "Salsa" a un sens bien plus réduit.

Autre préjugé très répandu. Certes, on ne peut pas nier que la Salsa a le don de "rapprocher" les gens, dans la mesure où cela se danse à deux.

Mais de là à s'imaginer que le milieu Salsa n'est qu'un vaste terrain de chasse parsemé de proies consentantes, STOP ! Ce que vous pouvez observer dans certains établissements situés sur les Champs Elysées qui se prétendent "Salsa", est très loin d'être représentatif du milieu Salsa lui-même. Dans notre jargon, nous appelons cela des endroits "touristiques". Le Salsero moyen n'est pas plus dragueur qu'un autre, et ce n'est pas le motif premier de son amour pour la Salsa. Dans la Salsa, il y a d'abord la musique, la danse, l'ambiance festive et bonne-enfant, et tout un fond culturel à explorer.

Donc, messieurs, lorsque vous invitez une jeune fille à danser la Salsa sans savoir danser vous-même, et dans l'unique but de la peloter, ne vous étonnez pas de vous faire méchemment remballer. Et vous, mesdemoiselles, sachez que la Salsa ça ne se danse pas collé l'un contre l'autre avec de frénétiques mouvements du bassin, et que si vous consentez à cela, il ne faut pas vous étonner ensuite que le monsieur veuille vous ramener chez lui.

Certainement pas. Certes, la Salsa a le mérite de réunir sur une piste de danse tous les âges, toutes les catégories socioprofessionnelles, toutes les races. Mais en France, actuellement, la grande majorité de la population Salsera se situe entre 20 et 40 ans. Et la "vague" latine ne fait que diminuer l'âge moyen du fan de Salsa.

Certes, ce que fait Yuri Buenaventura est très bien. C'est de la "vraie" Salsa, c'est très dansant, il ne manque pas de qualités vocales, ni d'originalité, et surtout c'est un vrai sonero. Mais sachez que c'est un artiste dont la célébrité reste, pour l'instant, limitée à la France. Sur un plan international, Yuri Buenaventura est inconnu au bataillon. Aux Etats-Unis, certains connaisseurs auront sans doute entendu parler de lui. Quelques-uns auront entendu une chanson de lui. Mais il reste encore un illustre inconnu, étant basé en France, et ayant fait la majeure partie de sa carrière ici.

C'est la plus grosse bêtise que je n'aie jamais entendue, mais on l'entend très souvent. Certes, être latino-américain ça peut aider, car l'environnement culturel est favorable. C'est beaucoup plus facile quand on a baigné dedans, quand on a entendu de la Salsa quand on était petit, et quand vos frères/sœurs la dansaient.


Maintenant, il faut mettre les choses au clair: beaucoup de latino-américains ne savent pas mettre un pied devant l'autre. Comment ? Oui, même s'ils sont cubains. Je dirais même plus: je connais nombre d'excellents danseurs qui n'ont pas d'autre rapport avec l'Amérique Latine que leur passion pour la Salsa.

C'est pareil pour les enseignants: le fait d'être latino ne garantit en rien les qualités pédagogiques de quelqu'un. Ainsi, vous trouverez nombre de latino-américains qui se sont improvisés profs de Salsa à leur arrivée en France, et qui pour toute méthode ne sauront que vous "montrer" ce qu'ils font.

Donc, méfiez-vous des préjugés, et jugez sur pièce. Il n'y a pas de gène de la Salsa. Tout s'apprend, à condition d'y mettre de la volonté, et de ne pas se borner à la technique.

Encore un préjugé qui a la vie dure. Voir réponse ci-dessus, en remplaçant "cubain" par "noir". Voyez aussi les débats du forum Paris Salsa sur ce sujet.






Ouf ! Donc tout, ça, ce n'est pas la Salsa. Bon.
Euh.... mais alors, c'est quoi, au juste ?

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